Programme

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Votre Nation, Notre Avenir

Reconnaître et affirmer nos droits inhérents et garantis par les traités Éliminer les écarts entre peuples autochtones et autres Canadiens Créer des économies pour des nations autosuffisantes

Je sollicite votre appui pour devenir Chef National de l’Assemblée des Premières Nations. Pendant plus de 30 ans, j’ai occupé plusieurs postes de leadership, y compris Président de ma nation, la Nation Haïda, et leader aux niveaux régional (nord-ouest) et provincial en Colombie-Britannique. Grâce à mon approche et ma détermination, j’ai réalisé plusieurs succès en occupant ces positions de leadership. Je souhaite apporter ma contribution au niveau national pour aider à transformer la relation d’oppression coloniale entre les Premières Nations et le Canada en une véritable relation de Nation-à-Nation.

En tant que Président du Conseil de la Nation Haïda, et guidé par les aînés de ma nation, j’ai mené mon peuple à affirmer la loi Haïda et à protéger nos territoires en :

  • Dirigeant le développement et la ratification d’une Constitution transcrite moderne, dérivée de notre ancienne tradition orale;
  • Mettant en œuvre, par notre propre Chambre d’Assemblée, la législation autorisant le développement de plans exhaustifs pour gouverner l’utilisation terrestre et maritime et guider les activités humaines sur tous les territoires sous l’autorité du peuple Haïda ;
  • Affirmant et appliquant sereinement les lois de notre nation afin d’arrêter toute exploitation forestière non autorisée sur nos territoires;
  • Représentant et défendant mon peuple dans le cadre du système juridique de la Couronne en affichant mon identité par ma tenue traditionnelle;
  • Négociant la première génération d’ententes Nation-à-Nation entre la Nation Haïda et le Canada, y compris l’Entente Gwaii Haanas pour la protection perpétuelle de cette région sacrée de notre territoire.

Les peuples autochtones sont distincts. Chacune de nos nations a choisi une voie différente, et se sert de divers outils pour accomplir les objectifs et les aspirations de son peuple. Comme Chef National, je soutiendrai nos nations dans le choix des outils dont elles veulent se servir pour atteindre leurs objectifs, et je travaillerai pour créer le consensus et renforcer les compétences chez tous nos peuples, avec ou sans traités, à travers tout le pays.

Nous sommes à un moment déterminant de notre histoire. Nous pouvons continuer de tenter de réparer le système colonial basé sur la Loi sur les Indiens, ou nous pouvons choisir une nouvelle voie : celle de s’affirmer en tant que peuples autochtones, d’être qui nous sommes, et de bâtir une véritable relation de Nation-à-Nation avec le Canada. Nous savons que le choix de tenter de réparer le système colonial de la Loi sur les Indiens est une voie sans issue pour nos peuples. Je propose, alors, que nous nous affirmions comme nations, rétablissant notre statut de nation et notre souveraineté, et que nous travaillions pour bâtir des relations de Nation-à-Nation avec le Canada. En travaillant ensemble, je suis convaincu que nous réussirons.

Depuis trop longtemps, l’APN s’est concentrée sur les réactions aux initiatives fédérales. Cette approche manque de vision à long terme et doit changer. Nous avons besoin de leadership efficace et avec une vision à l’APN afin d’unifier nos Nations, renforcer notre puissance collective, et diriger le changement dans notre relation avec le Canada. Sans ce leadership, c’est le Canada qui a déterminé l’ordre du jour en ce qui concerne la réconciliation et une relation post-Loi sur les Indiens, en grande partie sur ses propres termes. Comme Premières Nations, nous avons besoin d’un Chef National qui soutiendra chaque communauté à exercer pleinement leurs droits inhérentes et garanties par les traités, et qui assurera l’implémentation de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Ensemble, nos nations doivent prendre l’initiative et concevoir, de manière proactive, cette nouvelle relation de Nation-à-Nation qui nous convient.

En tant que Chef National, j’amènerai l’APN à travailler en partenariat pour accomplir les objectifs suivants:

 

1. Reconnaître et affirmer nos droits inhérents et garantis par les traités

Nous sommes les peuples autochtones de nos territoires respectifs. Nous sommes la génération vivante de nations anciennes. Nos titres, nos droits autochtones et nos droits garantis par les traités sont inhérents, un fait continuel de l’histoire. Une relation de Nation-à-Nation adéquate nécessite que le Canada reconnaisse ces droits inhérents dans la section 35 de sa Constitution, et les affirme par des lois appropriées et au moyen d’investissements fiscaux suffisants pour rebâtir nos nations.

L’atteinte de l’engagement du Canada envers une vraie relation Nation-à-Nation commence avec la reconnaissance de nos nationalités et la création de libre espace pour que les Premières Nations définissent elles-mêmes leurs nationalités. Il faut aussi une relation fiscale qui permet à nos peuples de bénéficier équitablement de la richesse et de l’activité économique générées sur nos territoires. Il faut que le Canada arrête de combattre les droits légitimes de nos peuples dans les tribunaux et maintienne l’honneur de la Couronne.

Comme Chef National, ma mission est de nous rassembler pour définir nos conceptions respectives de nationalité, et affirmer nos juridictions; de tenir le gouvernement du Canada responsable de ses obligations envers les peuples autochtones; et d’assurer que la législation d’affirmation soit favorable à nos nations et assez flexible pour répondre aux besoins et aux aspirations de chacune d’entre-elles. Les trois prochaines années sont cruciales pour l’avenir de nos peuples, et le Chef National doit être à la hauteur de ces missions.

Il ne faut plus attendre. Nous devons réussir les relations de Nation-à-Nation et reprendre nos rôles et responsabilités dès maintenant.

 

2. Éliminer les écarts entre peuples autochtones et autres Canadiens

La Loi sur les Indiens a été une force destructive pour nos peuples. Les écarts socioéconomiques flagrants qui persistent entre nos peuples et les peuples non autochtones depuis plusieurs générations doivent être éliminés en toute urgence. Depuis trop longtemps, les Premières Nations ont vécu dans des conditions de tiers-monde, alors que l’économie canadienne a été construite et a prospéré sur les dos de nos peuples.

La disponibilité d’eau potable, d’aliments sains et de logements salubres; des bons résultats de santé et scolarité; et la sécurité de nos femmes et nos filles, doivent être assurés. Si nos femmes et nos enfants ne peuvent pas jouir d’une vie en sécurité, alors nos familles, nos communautés et nos nations ne peuvent pas réussir. La surreprésentation de nos peuples dans les systèmes de la protection de l’enfance et de la justice criminelle doit être inversée.

Éliminer ces écarts n’est seulement qu’une première étape cruciale sur la voie de reconstruction de nos nations.

En travaillant ensemble, nous devons utiliser l’APN pour pousser le Canada à investir dans l’élimination complète des écarts entre les Premières Nations et le reste de la population non autochtone, et à dédier suffisamment de ressources financières au rétablissement de nos nations, qui ont été systématiquement marginalisées pendant plus de 150 ans.

Dans le cadre d’une vraie relation de Nation-à-Nation, le Canada nous fournira le soutien dont on aura besoin pour faire face à nos défis selon nos termes. Le Canada doit être à nos côtés en tant que partenaire, alors que les solutions doivent provenir de nous.

 

3. Créer des économies pour des nations autosuffisantes

L’autosuffisance de nos nations est tributaire d’économies fortes et durables.

Chacune de nos nations a accès à différentes ressources, a développé des compétences diversifiées, maintient ses propres relations d’affaires, et peut créer des opportunités de développement économique variées. Parmi nous, il y en a qui ont une longue histoire comme peuples de la mer, alors que d’autres ont développé des économies historiquement en relation avec la forêt boréale, les prairies, ou les lacs intérieurs.

Nos titres, nos droits autochtones et ceux garantis par les traités sont les fondements de nos opportunités économiques futures. Chacune de nos nations évaluera ses ressources, ses talents et ses opportunités afin de faire émerger nos visions pour la création de la richesse et le bien-être social.

Exercer nos juridictions inhérentes à travers nos propres institutions de gouvernance assurera la stabilité, la planification et la capacité de construire nos économies. Nous pouvons accomplir cela sur trois niveaux:

  1. Au niveau de la nation : En développant les capacités pour la bonne gouvernance, les structures légales et les bonnes pratiques de gestion, on pourra implanter des politiques éclairées et apprendre de nos succès et de ce qui est aligné avec nos façons de savoir et d’être.
  2. Au niveau communautaire: En construisant et développant nos corporations communautaires sur nos territoires, selon nos visions afin de refléter qui nous sommes.
  3. Au niveau individuel : Nos peuples sont les entrepreneurs originaux de ce territoire. Il faut inspirer notre jeunesse à s’engager dans des activités économiques en accompagnant les entrepreneurs avec les outils nécessaires pour réussir et pour nous mener comme des guerriers économiques.

Comme Chef National, mon rôle sera d’appuyer nos différentes nations dans leurs efforts à définir leur vision d’autosuffisance économique, et de m’assurer qu’elles reçoivent une part équitable des retombées économiques produites par les activités entreprises sur leurs territoires. Que ce soit en nous assurant que nos nations reçoivent les bénéfices et une part appropriée des revenus de l’exploitation de ressources et des impôts, en profitant de nos droits de pêche commerciale reconnus au plan juridique, en nous positionnant comme des leaders dans la génération d’énergies renouvelables ou dans le stockage du carbone, en mettant en valeur nos arts et notre culture, ou par d’autres façons, nos peuples doivent être positionnés à prospérer. Là où nos nations créent de la richesse, il faut que nous soyons capables de réinvestir cette richesse dans nos peuples afin de ne plus être maintenus dans la pauvreté et la simple subsistance by Canada.

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Les relations de Nation-à-Nation les plus importantes sont celles qui existent entre nos peuples. La force de notre union déterminera notre capacité de gérer notre partenariat avec le Canada. Notre unité sera notre force la plus importante.

Je serais honoré de vous servir en tant que Chef National.